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Conclusion

28 Mars 2012 , Rédigé par polytexte-sayonara-zetsubou-sensei

 Le manga ou plutôt le polytexte Sayonara Monsieur Désespoir s'épanouit donc médiatiquement en ce qu'il tire pleinement profit de la médiagénie quasiment inscrite dans les gènes des mangas. Sa version anime subjugue les limites de son média en parvenant par exemple à recréer de l'hétérochronie dans une diffusion en principe homochrone. L'élaboration de la forme voire la mise en scène de la forme dans un mouvement réflexif (déjà présent dans la version manga) éloigne ce polytexte de "l’idyllique trilogie de l’immédiateté-proximité-simplicité"1 qu'auraient les recits médiatiques selon Régis Debray que rapporte Philippe Marion. Le dialogue entre les versions qui forme le réseau polytextuel procède d'une interfécondation telle que la décrit Philippe Marion :

La médiagénie est donc l’évaluation d’une “amplitude” : celle de la réaction manifestant la fusion plus ou moins réussie d’une narration avec sa médiatisation, et ce dans le contexte – interagissant lui aussi – des horizons d’attente d’un genre donné. Évaluer la médiagénie d’un récit, c’est donc tenter d’observer et d’appréhender la dynamique d’une interfécondation.2

On comprendra donc que "l'amplitude" de Sayonara Monsieur Désespoir est large, elle atteint même un média plutôt innatendu qui est celui de la musique comme nous l'avons entraperçu en observant les génériques. Il y aurait encore là des choses à explorer, tout comme on pourrait se questionner sur la nature de la médiagénie, Philippe Marion écrit :

La médiagénie est pragmatique, c’est une relation, une interaction, non pas un contenu. En outre, elle n’a de sens que dans une actualisation et un contexte historique donné.3

Même sans être un contenu mais une relation (un résultat) on peut se poser la question de savoir si cette relation n'est pas quand même anticipée dans le texte avant même d'être actualisée, un texte de théâtre qui n'est pas encore joué sur scène n'a-t-il pas en lui des germes de transmédiagénie ? En poursuivant ce raisonnement, ne pourrait-on pas chercher dans les textes des dispositifs anticipant la transposition transmédiatique ?

 

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1 Philippe Marion, Op. Cit., p. 68

2 Ibid., p. 86

3 Id.

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